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Turquie
Album de la semaine : Nina Simone (compil jazz)
Chansons de la semaine : « Manu » Renaud ; « Variations sur Marilou » S. Gainsbourg
Photos de la semaine : Aspendos, Aphrodisias, Assos (Barhamkale), ......
...dernier pays et non des moindres ! ….
Samedi 1er septembre 2007 :
Attention. FRONTIERE. Ah ! notre 9ème frontière ! Des espagnols se font fouiller. Et nous…nous passons tranquillement ! Personne n’a encore fouillé le camion (si on peut appeler ça comme ça…pourtant il est plus que louche !), ni même vu qu’il y avait un chien…..
En Turquie c’est de postes en postes que nous nous baladons, les militaires nous faisant des coucous dans la zone franche, ne sachant les prendre pour un stop ou une marque d’amitié..Aucun problème pour rentrer en Turquie, le tampon s’obtient facilement, même s’il a beaucoup de passage « en caisse ». Mon père reprend le volant. Le vent souffle fort.
Je n’suis pas d’avis à dormir dans la pampa suite aux recommandations de M. Thibon. Mais mon père est bien décidé, et la nuit nous a pris de court…et à vrai dire, je n’avais pas vraiment le choix. On va dans un champs, non loin de la route. Je suis épuisée. On dîne et on ne tarde pas à se coucher, je ramène mes effets personnels à l’arrière, met au cou le médaillon de mamie, parle à « Dame Lolotte » (petite poupée à soucis de Charlotte) et tente de m’endormir malgré la furie du vent.
Dimanche 02 septembre 2007 : (jour à noter d’une pière blanche ! pas d’engueulade !)
Dur le lever…Alors que je prenais des photos du bel horizon (en petite tenue…), un tracteur passe…ralenti…ses occupants étant plus concentrés sur ma paire de jambes que sur leur chemin à vrai dire…et à dire vrai, je ne m’attendais pas à voir quelqu’un passer sur ce chemin !!
On prend la route pour le détroit du Bosphore, les Dardanelles, février 1915, Churchill…tout ça tout ça quoi ! Le vent nous pousse pour nous faire avancer un peu plus vite, il est assez puissant.
On s’arrête pour faire le plein d’eau près d’une route et d’un marchand de fruits et légumes qui dormait là…sur un canapé… ??!! On l’a remarqué longtemps après, quand on a vu une paire de chaussures dépasser de la couverture…
C’est à Eceabat que nous avons pris le ferry pour aller de l’autre côté de la Turquie. Les distributeurs ne veulent pas nous donner d’argent…mais on a pu payer en euro. C’est 20€…et le comble c’est qu’on a du batailler avec notre ferraille pour que le total soit au final de 19,75€…après d’âpres discussions, nous avons réussi à avoir nos billets.
En attendant, on veut me vendre parfums et friandises, mais pour une fois, et c’était bien vrai…je n’avais pas un copeck ! Seulement quelques dinars tunisiens…souvenirs de juillet…
Je sens déjà le regard du sexe opposé se poser sur le moindre morceau de chair dépassant de ma tenue….et pourtant, j’ai du abandonné ces belles petites robes d’été !
A bord, le vent souffle tellement fort que j’ai de la peine à tenir mon stylo, quant au jeune homme qui me fixait devant moi avec insistance, cela ne me troublait guère dans mes récits. On m’offrit un thé…c’est assez facile avec des cheveux longs et un sourire ! Il n’a guère insisté à me le faire payer…
Pendant que touts les enfants s’ameutaient autour du chien verron, mon père fanfaronnait ! un fanfaron...fanfaronne 1/2 ! (avis aux connaisseurs...)
Le trajet fut bref, agité, froid. Nous sommes partis manger 20 km avant Troie, au bord de la mer.
J’ai mis mon premier pied en Asie à 11h20 (heure française).
La suite est assez typique de notre voyage….

Alors qu’on empruntait chemins poussiéreux, pavés, « nid de poulés », nous découvrîmes la vie paysanne turque et sa gentillesse. Toujours un petit signe de courtoisie, un geste, un sourire, un mot…Nous sommes aussi allés en direction d’une zone militarisée, où nous avons vite fait marche arrière…Quelques minutes dans un champs de coton, un camion passe avec son énorme nuage de poussières qui s’agrippe à lui, je suis crépie.
Après avoir eu peur de me déplacer une vertèbre grâce à la conduite musclée de mon père, des paysans nous font de grands signes, on a cru qu’ils nous demandaient un coup de main pour les champs..et mon père me lance : « et si on allait les aider ? ». Après quelques secondes d’hésitation, je lui rétorque : « Chiche, pourquoi pas ? ». Et hop ! Demi-tour, écrasant sur notre passage buissons et débris de blé. C’est dans un nuage de poussières que nous arrivons à eux, et à notre grande surprise, ce n’est pas de l’aide qu’ils attendaient, mais notre arrivée. Ils nous ont offert des tas et des tas de fruits et légumes ! Si ! Des pastèques juteuses, muries au soleil du sud, des piments plus fort que jamais, des micros poivrons vert et jaune fluo, et de bonnes aubergines bien moelleuses…..oh ! Diantre ! J’allais oublié ! et des concombres….mhhhh !!!
On n’en croyait pas nos yeux ! Je leur sort un petit : « Tesekkur Ederim » (merci beaucoup. Mot que mon père n’arrivera jamais à prononcer…héhéh)., à leur grande satisfaction ! Quelques mots turcs contre quelques uns en français. Mon père leur offre en échange bières et vin. Vive les échanges internationaux !
Je fais des photos avec mon sigma, puis 2 avec mon polaroïd, dont une pour eux. Echanges d’adresses, et il appelle un collègue à lui prof à l’université qui tâte quelques mots de français, et à qui il a fallu parler…vous savez ma passion pour le téléphone…
Les dames ont un sourire radieux et des yeux pétillants. Quelle joie !
Ils me demandent si je parle grec ou bulgare, ou turc….non…désolée…seulement anglais, allemand, arabe, espagnol, français, russe….héhéé.

Ravie d’avoir fait leur connaissance. Une rencontre aussi impromptue que celle des kosovars. Tiens, comment vont-ils eux ?
On reprend nos petits chemins poussiéreux agricoles, traversant villages et champs où les femmes aux couleurs chamarrées sont d’une beauté inestimée, où les vieux à la terrasse d’un café nous jettent des regards emplis de surprise puis de bienveillance avant de nous lancer un geste d’accueil et d’amitié, où les enfants rient et courent près des routes, où les chèvres grimpent aux arbres pour attraper les feuilles à la chaire plus tendre….un monde insoupçonné, et pourtant, qui m’est très familier.
Un enfant jette son jouet sur la route, n’ayant pas vu notre camion arriver à vive allure (note : oui, notre vitesse reste la même sur tout type de route), va pour le récupérer, mais sa famille était là pour le lui en empêcher. A leur plus grande surprise, mon père s’arrête, pour que l’enfant récupère son jouet. Leur visage se sont littéralement transformés, passant de l’inquiétude voir de la peur, à de la plus profonde gratitude. Un petit moment simple, difficile à retranscrire par des mots…juste des regards pour retranscrire les sentiments… et je me dis que la vie vaut la peine d’être vécue, au moins pour le sourire de cette famille, et cette sincérité dans ces yeux.
On s’arrête aussi à Alexandria-Troya, c’est en fait des champs de blé pour la plupart où l’on retrouve des colonnes de granit couchées, ou des tours d’une autre époque, des sites qui commencent à peine à être fouillés, et des cailloux qui font la joie du paternel, tel un gamin devant une vitrine de noël aux mille et unes illuminations….
Et c’est ainsi que nous traversons la campagne turque.
On retrouve la mer en fin de soirée pour y faire trempette, pour y jeter le chien (qui n’était pas vraiment pour…) et pour manger une délicieuse ratatouille faite par mes soins !
Je m’octroie une pause clopinette, la 1ère d’ailleurs, mais l’endroit s’y prêtait…couchée dans le sable….à droite, les torches d’une « payotte » éclairent timidement la plage, je tourne ma tête de l’autre côté, les illuminations de nouvelles résidences côtières ne me captent pas plus l’attention, en face…la mer…où flottent quelques lumières venues d’un lointain navire….et moi, seule, dans le noir profond de cette douce nuit de septembre…je lève les yeux au ciel aux étoiles infinies et m’envole pour le pays des rêves….
Lundi 03 septembre 2007 :
Levée avant mon père, je me prélasse sous la douche pour me laver les cheveux. J’ai mal dormi. Les moustiques m’on sauvagement attaqués, les ronflements du père n’ont qu’amplifié ma surdité, et ma tête, pas d’une propreté exemplaire m’a gratté la nuit durant…Mais un petit déjeuner complet face à la mer efface tous ces petits désagréments…
En chemin on s’arrête dans un champ d’olivier pour refaire le plein d’eau. Pas assez de pression, ça se fera par bouteille d’1,5L….pour un réservoir de 200L….Un paysan et son tracteur s’arrêtent, sans doute pour l’eau aussi, et c’est dans un invraisemblable charabia de paroles et de gestes qu’on tente la communication…En vain…la seule chose qu’on a compris, c’est que c’était ses oliviers, et la chose que j’ai le plus compris, c’est qu’il me faisait des avances dès que mon père tournait le dos ! Très tactile ce con ! Et mon père, tout fier de lui montrer sur une carte notre périple….manque de bol, il la voulait…la carte. (on en est même venu à se demander s’il savait s’en servir puisqu’il la « lisait » à l’envers…). Bref, on se retrouve sans carte.
On continue sur nos petits sentiers pour arriver à Babakale, avec sa forteresse, son petit port, son cimetière face à la mer, son café…On tente de continuer par un chemin montagneux, mais à mesure qu’on avance, le chemin se rétrécit, se raidit….là…je dis STOP ! Moi qui m’agrippais déjà tant bien que mal sans trop rien dire…là je dis NON ! J’imagine les titres des journaux turcs locaux : DIVERS « Suicide d’une falaise en famille »…Imaginez vous seulement les sentiers montagneux…avec un 4t5…
Bref, marche arrière. Il faudra faire 9km pour reprendre la bonne route. Direction ASSOS. « En venant du nord, la route file sur un grand plateau aride et désolé, peuplé de chèvres brunes, noires ou blanches. Entre les murets d’épineux et de pierres sèches des pâturages, des bergeries apparaissent ça et là, petits dômes de granit coiffés de branchages, telles des cases au milieu d’une savane…Puis on rejoint la côte, et les puissants murs d’enceinte de l’acropole d’Assos se découpent sur le ciel. Perchées au sommet d’un piton rocheux (238m), plongeant dans la mer, les ruines antiques veillent sur le village médiéval de Behramkale, installé en contrebas. La vieille mosquée ottomane détache sa façade claire de la montagne »….et des villas colorées…


On gare le camion en bas de la vieille ville et commence l’ascension ensemble avant de vite se séparer. Je suis mieux seule. Pour découvrir, marcher, photographier, rêver…
Des vieilles femmes assises près de leur chaumière aux couleurs chatoyantes, des grands-pères adossés au mur ou s’appuyant fermement sur leur canne, des enfants dévalant la pente sous l’œil attentif de leur mère….voici Assos !
Des vendeurs forment une dentelle autour du sentier pavé qui sillonne le village, et les vieilles édentées tentent de vendre grigris et broderies.



Je ne sais pas ce qu’il y avait ce jour là, mais une cérémonie à la mosquée venait de se terminer et les personnes concernées étaient vêtues de leurs plus beaux apparats…peut-être une cérémonie de circoncision, mais je n’en mettrais pas ma main à couper.

Cette visite en solitaire fut des plus agréables, même sous cette chaleur.
On descendra plus bas en camion pour voir le théâtre, avec « tante yéta » derrière nous… « Türkçe bilmiyorum !! ». On descend encore avant de se faire jeter, pour faire un demi-tour et passer devant un petit pont tout mimi en ogives.
Sur la route, nous nous sommes arrêtés à un café internet (youpi ! un mail de bruno qui veut m’acheter des photos !! youpi !). (Ah oui, j’ai réussi à retirer des sous). La pression a explosé entre le paternel et moi. Bah….ça ira mieux demain ! Inch’allah… Pas un mot, je bouquine. C’est toujours plus intéressant. On se pose face à la mer, à Ohren. Petite balade avec véronichette, bouquin, et dodo.
Mardi 04 septembre 2007 :
Petit déj sur les marches du camion. Des turco-belges viennent taper la causette.
On va à Bergama. En chemin, on aide un bonhomme qui se veut parler allemand…no comment. Il était embourbé, on l’a tiré de là. On a fait notre BA pour la journée quoi !
On arrivera à Bergama assez tôt finalement, fin, vers les 10h. Je voulais monter à l’acropole à pied par la vieille ville, ce qui n’était pas au goût de mon père. On est monté en camion. 10YTL de parking et 20 pour l’entrée. Super. Sans le vouloir, on s’est vite séparé. Sans mot dire. Ce qui montre bien mon (notre ?) désir solitaire de découverte. A ma grande surprise, Vaironelle m’a suivie partout. Je lui ai offert en échange toute mon eau…
Bergama…que dire…GRANDIOSE ! Je crois avoir foulé chaque cm² de l’acropole, le poids du soleil n’en était pas un pour moi. Je me réfère au guide… Des forteresses renforcées de tours ; une vue sur l’immense lac formé par le barrage (Yann Arthus Bertrand ? Je n’ai rien à lui envier du haut de ma colline ! héhé), le temenos d’Athéna (vaste esplanade battue par le vent), panorama époustouflant (1er plan : le théâtre, arrière plan : la ville) ; allée pavée : voie sacrée, ruines des palais royaux d’Eumène II et Attale 1er, arbres et buissons fleuris de vœux en papier noués aux branches, temenos de Trajan en marbre blanc étincelant, colonnes corinthiennes, voûtes
remarquables, fronton reconstitué….et le théâtre….VERTIGINEUX ! 78 gradins, qui frôlent le vertical, 50m de haut… En tout cas, je ne suis sans doute pas la seule, mais pas loin, à être descendue puis à avoir regravi les marches de ce théâtre vertical !
Et j’en passe…
« La route de Pergame traverse une plaine desséchée, long trait d’asphalte poussiéreux encombré de gros camions poussifs. D’usine en usine, on a l’impression d’un désert sacrifié à l’industrie et on commence à regretter d’avoir quitter la côte. L’arrivée à Pergame n’est pas plus engageante : la ville s’est considérablement développée depuis une dizaine d’années et avant d’atteindre le centre il faut suivre une enfilade d’immeubles construits à la va-vite. Mais autour de la place Atatürk, l’atmosphère est tout autre : animée, colorée, accueillante, et le charme est enfin au rendez-vous. Par là, le quartier du bazar et du marché couvert avec ses innombrables quincaillers ; plus haut, le dédale fleuri des ruelles de la vieille Bergama, et au sommet de l’imposante colline qui domine la ville, l’acropole dessine ses ruines… »
Ah ! j’avais oublié ! Ce matin, en nous garant, nous avons fait la connaissance d’un bon vivant édenté qui aurait été heureux de m’avoir pour femme….mais bien sûr, j’avais failli lui proposer…bref. Il nous offre une tournée de thé, puis une deuxième (j’omets le fait qu’on ne se comprend que difficilement…). Oui..on se reverra, tout à l’heure !
Rouge écarlate et en sueur, je reviens au camion, fière tel un explorateur, de ma tâche. Je reprends mon souffle.
On se gare en ville, et à peine 2km plus loin, on nous aborde en plusieurs langues…oui…promis, on viendra boire un coup chez toi ! Pour l’heure, on retourne chez le 1er gus. On jette un œil sur la basilique rouge. Je propose un chemin (le bon), mon père me dit que non….on verra ! J Ah bah au final, on a découvert plus de ville ! Rien de bien méchant….
On le retrouve le bon vieux bonhomme édenté au rire railleur….thé…thé… rires. Des amis étaient là. C’était jovial. Mon père voulant retourner au camion, je lui suggère les ruelles de la vieille ville hautes en couleur et en vie. (enfin je décide d’une partie de notre périple !). Il s’en lassera vite, m’abandonnant à mes passe-temps favoris : découvertes solitaires, photos, émerveillements & rencontres impromptues. Ce fut le cas. Des enfants ravies de prendre la pause m’accostaient à chaque coin de rue, tandis que je traquais le moindre pan de mur attrayant pour mes sens, le moindre instant de vie à graver d’un clic…. « Un adorable petit village, sur les pentes de la colline de l’acropole, comme isolé du reste de la ville, semble ne pas avoir suivi le cours du temps. Ce sont de modestes demeures aux peintures colorées, plutôt défraîchies, qui ont gardé leur âme. Un peu de vigne vierge, de rose et de jasmin, quelques linges séchant au balcon, des mobylettes et des mômes dévalant les rues et des mères attelées aux tâches quotidiennes. Le décor est planté. »


Le voyage commence vraiment à être intéressant…Alors que je finis par rentrer au camion, (plus de place sur mes cartes mémoires…), plus d’enfant agrippé à moi…on m’attend pour discuter et boire du thé…turc ! à plusieurs endroits de la ville. Finalement on ira chez notre copain d’à côté, pas l’édenté, mais le polyglotte ! héhé. On entre au frais dans une maison « grecque » aux couleurs sombres « aubergine » tapissée de kilims et de coussins. Une bière (fraîche !) nous est gentiment offerte par un jeune homme qui n’a rien à envier aux yeux de Gad Elmaleh ! On papote, on papote, l’heure tourne, mon père s’impatiente un peu, mais moi, je suis bien, je serais même restée manger s’il n’avait pas plusieurs fois décliné l’offre ! Je me console à jouer avec la jolie « Chance », chienne du chasseur. Ils sont adorables comme tout. Je nettoie la plaie d’un des leurs, on prend tous une photo, échange d’adresses et embrassades…mon père me fait part de ses sentiments, j’en pinçais pour les yeux bleus ? ah ?..
On s’en ira, oh, juste au bord de l’eau, la nuit étant déjà tombée.
Mon père ronfle, les chiens aboient, la caravane ne passe pas (…), mes yeux picotent de plus en plus violemment….Iyi Akşamlar…..
Ps : c’est la 1ère fois que j’entends parler de « racisme » ici. Je cite notre ami polyglotte : « faites attention aux turcs noirs, pas aux blancs, nous on est des turcs blancs, mais aux noirs. Comme en France non ? » (traduction : Marie Julliard. J). Je suis restée scotchée.

Mercredi 05 septembre 2007 :
Oh, pas mal dormi ma foi, malgré les clebs. Le paternel commence déjà à râler….casque sur les oreilles je télécharge mes photos sur mon ordi, tout en me prélassant….dans mes oreilles chantonne ce charmant Mano Solo…ça me laisse un peu de répits. De toute manière, une fois terminé, je me replonge dans mon bouquin et le dévore.
On s’arrête au Kipa (supermarché) pour chercher une carte routière. Il aboie. L’ambiance ne dégèle pas. On fait quelques courses et je vais demander à l’accueil où il est possible de trouver une carte. Barrière de la langue…
PUTAIN DE MOUCHE !!! LAISSEZ-MOI FINIR D’ECRIRE !!!! BORDEL DE ….. !!!!
Je reprends….
Donc, je disais, barrière de la langue. Finalement, je repartirai avec un ensemble de magazines sur les régions turques…C’est toujours mieux que rien. On repart. Une dame et sa fille sur une charrette tirée par un vieux cheval fatigué nous demande de quoi manger, mon père leur donnera ses palets bretons.
Sur la route je lis : « Turizm Izmir », hé ! Peut-être ont-ils des cartes ??? J’y vais. Bouge pas. « merhaba ! Do you speak english ? Yes ? »…ce oui se révèlera vite comme étant un oui de courtoisie…après une conversation gestuelle, il finit par me montrer mon chemin sur une carte murale où étaient représentées les régions à fromage, à oiseaux, à fleures, à ce que vous voulez…Avec un peu de patience et une attention maximale, le plus jeune des deux comprit. …YES ! Et là, je vais reconnaître les sempiternelles hospitalité et gentillesse à la turque. Le patron lui file un billet pour qu’il court me chercher une carte et en passant…qu’il nous prenne 2 thés…pas de commentaire…avant de trouver cela en occident ! dites le moi ! En attendant, la communication s’établit à coup de sourires, de mots bredouillés et de tentatives turques. Quand il a su que je partais pour Alep, il m’a offert un gros grigri qui tapissait le mur (je n’irai pas jusqu’à dire « ornait »…) fait de perles de rocailles, représentant une femme embrassant une rose, avec des inscriptions ici et là (« Mehmet Kaya Izmir Seyhat. Özgürlükmü Istersin ölumümü »), d’une beauté absolue…le coucher de soleil et le cerf violet….ça vous dit quelque chose ? mais le geste n’est plus que remarquable, j’en suis vraiment touchée.
Je remonte dans le camion, fière de ce petit deal.
Direction Ephèse. On trouve un coin d’ombre sous un arbre, un peu plus loin que le parking, assez loin pour que quelqu’un nous dise que ça ne va pas…forcément…on a pas à payer le parking…on bougera plus tard, du moins, après avoir concocté une super sauce pour les concombres. On a mangé des köfte (boulettes de viande) et des légumes.

J’étais tranquillement assise en train de lire scrutant de temps à autre le paysage aride où le vent faisait danser les bush de journal et faisait valser la poussière, quand mon père décida de se garer plus loin. Il se trompa de route (il n’a encore pas voulu m’écouter). Puis on revint sur nos pas. Entrée 10YTL. Nos chemins se sont vite séparés. Appareil photo et guide en main. Je partis à la découverte de ce somptueux site. J’y ai rencontré des germano-turcs fort sympathiques. J’ai quand même remarqué les regards du turc..que je n’arrive pas à m’ôter de la tête….on a fini la ballade ensemble. Le plus agréable fut mon retour au camion. J’étais seule, Vaironelle m’ayant rejoint, dans mon sillage, tel un chien obéissant….mouarf mouarf…le soleil du soir redonnait vie aux vestiges antiques…et moi, moi et mon âme « d’aventurière », je déambulais dans ces rues pavées de marbre qui montraient toute leur richesse sous les feux de l’hélios…., le cœur ampli de bonheur…
« Ephèse est sans doute le site antique le plus fréquenté de Turquie, été comme hiver. Ces dernières années, près de 2 millions de visiteurs ont déambulé entre ses ruines. Autant dire que vous ne serez pas seul…comme au temps où la cité comptait 250000 habitants au 2ème s. de notre ère. Imaginez-vous donc au milieu d’une foule de commerçants ou de notables en toge et votre visite n’en sera que plus réaliste ! Car Ephèse est l’une des villes antiques les mieux conservées. Fouillée dès 1869, elle a retrouvé la plupart de ses rues et de ses bâtiments. Tout y est : hôtel de ville, boutiques, habitations, latrines publiques. Cité de marbre blanc, étincelante sous le soleil, Ephèse raconte, comme un livre de pierre, ce qu’était la vie quotidienne au temps des grecs et des romains. Il faut aussi s’imaginer l’éclairage public !!! ».
Jusqu’à ce que les hurlements de mon père m’extirpent de mes rêveries.
On dépose un jeune couple de français en ville puis on se pose à un café internet. Puis direction Nysa, sur la route d’Aphrodisias. Avant de tourner, on croise un énorme carambolage, m’étonnerait qu’il y ait des survivants…
Bref, il fait nuit noire, nous prenons une route ascendante…pour finir sur un énorme parking d’un complexe hôtelier…personne ne nous dit rien…
Jeudi 06 septembre 2007 :
Quelle nuit mes amis ! Quelle nuit ! Marignan, Waterloo, Verdun…de la gnognote j’vous dis !
Cette nuit, Le moustique contrattaquait. Ce n’est pas n’importe quel moustique. Infatigable est ce moustique. Il n’abandonne jamais…jamais il n’abandonne ! Ce n’est pas le vulgaire moustique que nous croisons dans les faubourgs auvergnats..non. Ce moustique là peut vous percer et empoisonner la peau à l’infini (du moins, jusqu’à ce qu’une main habile ne l’écrase sans égard envers cette innocente vie contre une vitre, projetant alors aux alentours les ondes de sang précieusement récoltés par l’insecte indésirable). Je le qualifierai de miraculeux…( J). Il a ce don de te réveiller même par un lourd sommeil, à venir battre des ailes au dessus de ta tête (aucune chance alors de la voir, même lampe allumée, le temps que tes yeux se décollent et ne s’acclimatent à la lumière….), te narguant en te susurrant aux oreilles sa douce mélodie aillée et part scruter le seul bout de chaire fraîche et naturellement sucrée, le seul bout qui n’a pas pu s’emmitoufler dans la grosse couette par 30°C en pleine nuit estivale, la tête sous un coussin….je suffoque….j’abdique. Je bats en retraite, et je lui livre mon corps. J’ai perdu une bataille, mais certainement pas la guerre !
Fin de l’épisode.
Finalement, on demandera notre chemin, c’est la colline d’à côté (remarque, l’hôtel s’appelait aussi Nysa..). On s’arrête prendre de l’eau sur la place du village, je m’assieds au soleil sur une table en bois, et je dessine…
On trouva Nysa facilement. Merde, le gardien est là…on aurait pas payé sinon…héhé. Et en plus il me fait du charme…bhen on a rien gagné…super. Ils ont beaucoup les reconstitutions. Les appareils, voûtes…ne sont pas au goût romain…et si l’on s’approche on voit ici et là des suites de bribes de briques sans doute pour boucher les trous…Le théâtre a bien survécu aux caprices du temps. Nous y rencontrons deux jeunes gens qui s’avèreront être des frères (l’un étant nettement plus mignon que l’autre…..passoyons…). Ils faisaient des moules en silicone de bas relief pour faire des reproductions en plâtre et ainsi les exposer au musée. Ils m’offrent de quoi assouvir ma soif et on tente de discuter. Mon père s’éloigne et continue ses explorations. Un groupe d’allemands arrive et me prenne pour une turque travaillant sur les lieux, ils me demandent quel est l’objet de mon travail…et là, à la grande surprise générale, je lui réponds ce que j’ai expliqué précédemment… héhéh. On y aurait cru ! c’était assez jubilatoire. Echange d’adresses et ils me firent cadeau d’un talisman, de deux d’ailleurs. Merci.
Je pars à la recherche de mon père, que je ne retrouve pas…à la place, je me coltine les avances du gardien à l’affût…
Aphrodisias ? une simple et pure MERVEILLE. Vaironelle décide de partir visiter avec moi. Avec grand plaisir. Je n’sais pas pourquoi elle ne reste pas avec mon père, je n’sais pas. Mais en tout cas, elle est de bonne compagnie !




Le théâtre est splendide, le sol est encore ici et là marbré de dalles noires et blanches, les colonnes finement ciselées,

et l’Odéon ? un pur bijoux de marbre. Le stade ? quelle découverte ! Intact ! Enorme ! Immense ! Splendide ! Je foule son sol de terre qui autrefois accueillait sportifs et gladiateurs….beaucoup d’émotions. Je monde au plus haut niveau m’enivrant de cet air pur, de cette hauteur, de ce sentiment de liberté…


« L’image que l’on en garde est celle d’une cité immaculée, toute de marbre blanc aux reflets bleutés. Les fouilles, toujours en cours, sont moins avancées que celles d’Ephèse, mais Aphrodisias rivalise depuis longtemps avec la cité d’Artémis, tant ses vestiges sont remarquables, sous une atmosphère…magique…. ».
« La route d’Aphrodisias traverse une belle campagne verdoyante. Vaste plaine hérissée de peupliers, semée de coton, de vignes et de figuiers, elle s’étale au pied de la chaîne de l’Akdağ, dominée par le dôme imposant du Baba Dağli (2308m), gros bonnet blanc qui émerge au-dessus d’un filet de nuages. Jusqu’au dernier moment les ruines d’Aphrodisias restent invisibles tant la plaine est plate. Le long de la route, c’est à peine si l’on distingue le contour du stade qui s’étire au milieu des champs. La découverte du site n’en est que plus émouvante et saisissante. Aphrodisias est bien le domaine de la beauté, elle ne vole pas son nom ! ».
On reprendra la route direction Heliopolis/Pamukkale. Dans la nuit, des rabatteurs nous emmerdent (sans aucune grossièreté, bien entendu), pour nous scander les merveilles de leur camping…ON EN VEUT PAS !!! Non de diu ! On se posera dans une carrière. La nuit fut des plus horribles. Impossible de dormir. On se faisait piquer par je n’sais quoi, la chaleur était étouffante. Je suis partie dormir sur les sièges à l’avant…Mais je me faisais toujours harceler….je n’ai pas fermé l’œil de la nuit.
Vendredi 07 septembre 2007 :
Mon lever fut avant celui du paternel. Je déjeune, m’habille et pars pour la découverte d’un nouveau site. Savoir si c’est le soleil, le petit déjeuner, la fatigue…ou les 3 à la fois, encore est il que je n’étais pas au plus fort de ma forme…je vacillais…
L’entrée est à 5YTL, je n’avais que 4,95YTL (à croire qu’on le fait exprès…), forcément le gardien ne bronche pas, mais au bout de quelques minutes, il me dit d’entrer, je lui donne mes pécules et me les rend…va comprendre Jacquot….bon bah, après tout, pourquoi pas ! J’ai gagné au change !
Je croyais être seule face à cette immensité, dans ces herbes hautes et ces ruines, jusqu’à ce que des cars entiers de russes débarquent…mais ils ne m’ont pas trop gênés, ils étaient bien trop occupés à trouver la piscine du site…(cela dit en passant : 2h=9€)…
Les vestiges n’intéressaient guère les touristes, plus attirés par la piscine et les travertins (certes, pour ces derniers je les comprends). « Au milieu des collines arides apparait une étrange montagne, blanche comme la neige, lorsqu’on s’approche, on distingue une myriade de vasques scintillant d’une eau bleue pâle, à peine plus profondes que des assiettes, qui s’étagent comme un escalier géant, sur la paroi rocheuse. Pamukkale, le « château de coton » est une curiosité géologique extraordinaire, doublée d’un remarquable site archéologique car les eaux de Pamukkale sont chaudes et saturées en sels minéraux. Issues des entrailles de la montagne, elles jaillissent sur le plateau en une multitude de sources fumantes, qui en s’évaporant, déposent leurs sels sur le flanc de la falaise où ils se pétrifient. ». Pour ce qui est du site, il ne reste guère de choses. Le plus impressionnant étant le théâtre, construit sous Setpime Sévère (193-211). On reste saisi par la beauté de la cavéa toute de pierres ocres. Plus remarquables encore : les bas-reliefs, les niches du podium sont toutes aussi belles avec leur colonnettes torsadées. Hélas nous ne pouvons que descendre quelques gradins, et nous contenter d’admirer de haut. Ce qui m’a le plus agacée est le fait de ne pas être libre, libre de prendre un sentier plutôt qu’une route, de faire ceci plutôt que cela…Je n’étais pas à l’aise.
En rentrant, je dus être la seule à dire bonjour à un groupe de travailleurs, car ils m’ont immédiatement invité à collationner et prendre un thé. Avec plaisir.
Grand ménage dans le camion.
Direction Termessos. J’ai roulé près de 200km. Musique, tranquillité étaient mes maîtres mots. Des paysages et des étendues sauvages magnifiques se déroulaient devant moi, alliant contrastes entre le ciel bleuté, les couleurs ocres de la montagne et le vert émeraude des plaines infinies. Des troupeaux de moutons guidés par leur berger et des femmes travaillant aux champs compléter ce tableau.
Dès le retour du paternel, la musique fut coupée et mes rêves s’effondrèrent….
La route montagneuse était mauvaise, certes, mais un camionneur m’a quand même félicité pour ma conduite ! Merci m’sieur !
Le site de Termessos était fermé. Nous avons continué sur Yeniköy (Nouveau village), pour retirer de l’argent et aller sur internet. 2 jours sans trop d’embrouilles, internet fut un sujet à discordes.
Un jeune turc, fort charmant ma foi(Marie…Arrête..), nous y conduira (un sourire aussi étincelant que ses yeux de topaze…MARIE STOP !), après avoir demandé ma route – en turc s’il vous plait…- à un jeune serveur (tout aussi charmant….), qui m’a répondu en turc….hum hum….J’avoue tomber bien fa |