Road Trip to the ancestral Syrian land
Ce carnet de voyage retrace mon périple de France jusqu'en Syrie. Un périple qui s'est fait par la route, par des sentiers battus inconnus...lieux aux mille et une rencontres...ce carnet retranscrit mes joies, mes doutes, mes déceptions, mes rencontres...une expérience des plus enrichissantes.

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Albanie

Albania 

Album de la semaine :  « The Doors in Concert » The Doors

Chanson de la semaine : « Old man » Neil Young (album Harvest)

Photos de la semaine : Albanie

...surprises ….

 

(mercredi 29 août) Ah ! L’Albanie ! Te voilà donc déjà ? Et quelles surprises tu vas nous dévoiler ! La taxe d’entrée est de 10 euro par personne. Mais on a un tampon ! ;-). Et là, mon père tel un gamin les yeux grand ouvert d’incrédulité est surpris par tout ce qu’il voit. Je lui rétorque qu’il n’a pas fini d’en voir…

Les charrettes, les scooters à 3 ou 4 places, les gamins à moitié nus errant dans la poussière des routes, faisant la manche, ou attendant on ne sait quoi près des routes avec leur parent. Les hommes au bistrot ou ameuté devant un évènement qui peut être sans intérêt, ou devant un accident de voiture, apparemment fréquents. Les chiens arpentant les rues à la recherche d’une bricole qui leur calerait le ventre vide, une circulation chaotique où la témérité est de rigueur, une poussière omniprésente, les bidons  sur les toits témoins de l’absence d’eau courante.

En montagne, c’est plus calme. Les grands-mères ramènent leurs chèvres au bercail, les chiens errent sur les sentiers battus, des familles vendent fruits, huiles et légumes au bord des chemins sinueux. A mon avis, il y a plus de vendeurs que de passants…On route sur une crête avec de part et d’autre le précipice et ces montagnes en arrière plan. Que du bonheur.

Un vrai « pays arabe » sans la joie de vivre. Les routes à 2 voies avec 3 voire 4 files de voitures (Mercedes pour la plupart), les gamins errant et les vieux qui laissent filer le temps accoudés au bar accrochés à leur soit disant dernier verre. Petite particularité : il n’y a « que » des marchands de meuble (où seules les façades des bâtiments sont achevés).

C’est à la sortie d’Elbasan, près d’une rivière que nous passerons la nuit.

Jeudi 30 août 2007 :

Cette nuit vers 4h de charmants jeunes hommes ont entonné des chants russes à deux pas du camion. Un régal.

Ce matin, alors que je me lavais à la rivière, le chien cherchait de quoi manger dans les détritus sur la rive, mon père lavait le linge, une voiture traversait la rivière ( ????) et des pêcheurs dignes de ce nom pêchait à la grenade…et récupérait les poissons un peu plus bas, munis d’une épuisette, pantalons relevés aux genoux…

Sur la route, face à notre désaccord sur notre position géographique mon père était à deux doigts de m’en tourner une… Autant qu’on en finisse tout de suite, qu’on arrive à Alep, que je voyage seule, que je m’arrête pour contempler ce que j’aime, sans qu’il me dise quoi regarder, sans qu’il me dise que ce que j’aime c’est de la merde, sans que je sois obligée de supporter ces méchancetés, sa nudité, ses habitudes et son manque de tact avec les gens, que je puisse prendre mon temps pour faire mes photos, celles que j’aime, pour rencontrer les gens, apprendre leur langue et leur culture, aller boire un verre et laisser filer le temps…au moins pour un instant seulement…

Je n’sais pas si c’était vraiment une bonne idée ce trajet, les engueulades primant sur les rigolades. Pourtant je sais qu’au fond de moi, en grattant ces quelques mots de frustration, je sais que j’apprécie ce voyage, et qu’il va passer plus vite que je ne le crois, que malgré tout ce qu’on peut se faire endurer mutuellement, on s’aime….c’est le plus important. Et le fait aussi, je ne le nie pas, que j'ai vu des choses, fait des choses, que sans lui, je n'aurais sans doute pas vu, pas fait. Mais il est vrai que j’ai réalisé à quel point nous ne pouvons supporter de rester ensemble, on a chacun notre indépendance et notre façon de vivre, chacun ne supportant pas celle de l’autre….pas facile donc la cohabitation ! J

Ce qui fait qu’au final, j’ai l’impression de ne plus m’émerveiller devant quelque chose qui m’aurait plu auparavant, si j’avais été seule, je deviens désagréable et j’ai perdu ma joie de vivre.

L’Albanie c’est aussi ces centaines de bunkers sur les faubourgs de Tirana, restes de la ligne de défense à l’époque de l’isolement absolu du pays et de la crainte d’une invasion soviétique. Le pays ne s’est pas reconstruit. Il est mort. Laissé à l’abandon. C’est un pays qui crève que je découvre tristement.

A suivre les bunkers, la frontière ne devait pas être bien loin.

 

En effet. On repaie les 10 euro de taxe par personne et on passe à l’autre douane.

Une petite tête blonde par sa fenêtre arrière nous fait coucou. On se fait un plaisir de répondre. Le passage frontalier est long. Mon père décide de montrer le chien au gamin (comme d’habitude) moi j’ai ma caméra en main ! Puis je parle avec le père…en allemand. (mes souvenirs sont d’ailleurs bien lointains) Ils sont kosovars, lui est douanier. On fait péter l’apéro sur le plateau. C’était assez caustique. (là je le reconnais, il y a que mon brave père pour faire ça ! le ridicule ne tue jamais avec lui…quoique…). Mon père sortant du camion, plateau en main, en plein milieu de la file de voitures, moi, les verres à la main….alors, supris ? Mais ravis les kosovars ! Ils allaient passer l’après midi au lac d’Ohrid, à Struga, près de la frontière. Ils nous ont proposé de les suivre. Avec joie ! Enfin des rencontres ! J


Publié à 02:36, le 20/10/2007
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